Dimanche 19 février 2012

Cette fêlure et cette peine

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En fin d'après-midi, je crois que je devais encore avoir cet air amoureux et fatigué qui ne trompe personne, cet air de rêves des deux nuits passées avec lui. Aussi, presque imperceptible, on pouvait y remarquer une fêlure. J'étais assise dans le train et il y avait un jeune homme qui se tenait en face de moi. J'ai été charmée par sa tendre insolence, l'infinie douceur de ses traits et de ses yeux. À cet instant, j'aurais aimé tomber amoureuse de lui ou de quelqu'un d'autre, n'importe qui, pour que la peine me brûle un peu moins les yeux. J'aurais aimé oublier cette tristesse qui m'enserrait la gorge et m'étouffait. Cette tristesse qui va finir par me recouvrir entièrement.

Chaque fois, c'est la même chose qui se répète. C'est presque devenu un rituel. Dès que la porte se referme derrière lui, son absence est déchirante. Je me cogne brutalement à ce vide ressenti trop vite et qui me glace à l'intérieur. Je grelotte, je tremble de tout mon corps, j'ai froid de son absence. Je ne lutte pas contre l'envie de fondre en larmes. J'ai peur, si peur, que cette porte demeure fermée et qu'il ne revienne pas. Qu'il ne revienne jamais. L'avenir est une nuit obscure, je funambule sur des hypothèses et cela m'écorche les genoux. Je me suis sentie mourir la première fois qu'il s'en est allé, j'ai bien cru qu'il me quittait pour toujours. C'est une image encore trop vive, qui me couvre de bleus et me brise toujours.

Cette fêlure que l'on décèle dans mon regard, c'est la brûlure de la peine causée par son départ. La faille par laquelle s'engouffre le froid. L'avenir est une nuit obscure et j'ai besoin d'étoiles, d'un cocon de douceurs qui rassurerait. Une enveloppe soyeuse qui éloignerait définitivement les peurs qui me hantent et peut-être même que je parviendrais enfin à les apprivoiser, à adoucir leurs contours. Cela me terrifie tellement d'imaginer ressentir à nouveau la perte. J'ai toujours les yeux qui brûlent et je ne sais plus exactement si c'est de fatigue ou bien d'avoir trop pleuré. 
Par r0mance le Dimanche 19 février 2012
L'amour ça fait bien trop souvent mal où ça passe...
J'espère que ça va aller pour toi.
Par Kyra le Dimanche 19 février 2012
Tu sais déjà tout ce que j'en pense. On en a discuté en temps et en heure hier. Et j'étais heureuse d'être là, pour comprendre ta peine..

Ily. ♥
Par S'Box le Dimanche 19 février 2012
Je comprends chacun de tes mots, car j'ai déjà vécu tout ça. J'ai fini par en sortir un jour. La douleur du départ définitif m'a fait mal une bonne fois, m'a vidée, m'a détruite. Mais ça m'a aussi permis de me reconstruire et d'avancer, pour aujourd'hui ne plus avoir à me poser toutes ces questions qui nous tuent à petit feu ... J'espère que tu trouveras une issue à cette histoire et le chagrin qu'elle te procure, peu importe laquelle, du moment qu'elle t'apporte du bon.
Par MiMiNe le Dimanche 19 février 2012
j'espère qu'un jour cette fêlure s'apaisera ! Courage ! :x
Par Skoliro le Lundi 20 février 2012
Tes mots sont terribles. Ils ont impact très fort sur moi. Je ne sais pas comment l'expliquer. Mais ton univers me bouleverse.

Je sais que tu as déjà fait beaucoup de chemin, et je sais que tu pourras parvenir à réparer cette fêlure, même si elle ne sera jamais vraiment réparée je pense. ça te fera juste moins mal. Il faut juste du temps, comme d'habitude...

Je t'envoie plein de courage, et plein de pensées positives. Fais attention à toi ! <3
Par C.lin le Mardi 21 février 2012
j'espère que ça va aller .. je suis la si tu as besoin .. <3
et merci pour tes petits mots :)
Par invisible.evidence le Jeudi 23 février 2012
Trouverai-je les mots pour te rassurer ?

C'est à chaque fois ce même sentiment de vide lorsque la porte se referme sur son départ. Je regarde dans le vide et j'observe les restes de son passage. Comme un ouragan, il bouleverse tout sur son passage, puis quand il part, il faut ramasser ce qu'il reste de nous pour se fabriquer de beaux souvenirs qui te tiendront chaud les nuits d'hiver, et de grande solitude.
Sauf que je ne veux pas vivre de souvenirs. Et j'ai réussi à comprendre que quand il partait, ça ne voulait pas dire qu'il cessait de m'aimer. Il est appelé ailleurs mais il m'emporte avec lui, dans son coeur, dans la moindre de ses pensées. Il n'a plus besoin de le dire, je le sais, j'aime parfois l'entendre.
Quand il part, les étoiles restent autour de toi. Personne ne te volera cette impression que tu as de voler, et personne ne peut atteindre cet état de félicité, de bonheur que tu savoures. Pas même lui. C'est à toi, seulement à toi.
Tu as fait beaucoup de chemin, tu as eu la force de le laisser revenir en toi pour que vous vous découvriez de nouveau. Je ne peux pas te promettre que la fêlure disparaîtra. Mais la douleur est moins vive. Ce n'est pas qu'on se fait à l'absence, non pas du tout. On ne devrait jamais être séparé quand on s'aime. Mais on apprend à se faire confiance, à croire en l'autre et en ce qu'on partage. Les séparations nous donnent quelque part de l'espace, et peuvent nous faire du bien. Mais on est d'accord, il ne faut pas que ça dure trop longtemps !
 

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