
Il n'est pas tout à fait 7h, j'ai le corps engourdi de sommeil. Je me suis levée en avance. La vie n'a pas encore repris. Elle ne s'est pas défait de ses rêves, elle s'éveille doucement, pas à pas, sans se presser. Quelques étoiles résistent à l'aube qui se profile et scintillent dans l'immensité nocturne. Je savoure les derniers instants de calme, de silence et d'obscurité de la nuit. J'y suis plus attentive, plus réceptive. J'ai la sensation d'en ressentir plus intensément les battements. Je beurre deux ou trois tartines, je bois une tasse de thé fumant pour me réchauffer, j'ai le goût du sucre dans la bouche et cela me réveille en douceur. Je me sens sereine et entière, je prends de respirer.
D'impatience, je frémis. L'aube est là. La matinée vient tout juste de commencer et la nuit se retire peu à peu, elle s'efface tendrement pour lui laisser sa place. On peut souffler avant que la vie ne reprenne son cours, on peut se permettre de croire un peu plus que d'habitude, d'y croire fort, très fort. L'aube est l'instant de tous les possibles, de toutes les promesses. Dans quelques minutes la nuit aura complètement disparu. Il est maintenant grand temps de faire vivre ses rêves, de leur permettre de grandir, de respirer, avant que l'obscurité ne les emporte et ne les engloutit.
Je me suis souvent demandé quelles étaient les manières de rendre son quotidien un peu moins rude, d'adoucir sa vie. Celle qui me semble la plus juste, la plus essentielle, est de commencer par se donner le droit d'espérer, de rêver, de s'émerveiller. J'ai besoin de rêves pour respirer. J'ai besoin de leur chaleur rassurante, de les enlacer, de les serrer très fort et de les faire éclore. J'ai besoin des rêves et de leur lumière, qu'ils soient le fil conducteur de ma vie.
Je crois que c'est de cette manière-là que devraient commencer toutes les journées.










