Lundi 13 février 2012

Une parenthèse de bonheur

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« Pour lutter contre les envies de fondre en larmes, il faut se raccrocher du mieux que l'on peut à de petites évidences.» J'avais écrit cette phrase dans le train, la première fois que j'ai pris la poudre d'escampette. La toute première fois que je m'improvisais hirondelle pour une poignée de jours. C'était il y a tout juste un an et à présent que la boucle des " un an " s'est refermée, je n'en reviens toujours pas des épreuves, des pleurs, des peines, des obstacles, de la rage, de la colère, de la tristesse, intense, immense, qui dévorent, qui ravagent; de ce gouffre dans lequel je me suis oubliée et de cette belle remontée. Non, je ne parviens toujours pas à réaliser à quel point j'ai vécu, combien je me sens vivante, si vivante.

Ces petites évidences qui m'ont aidée. Elles accompagnaient mes rêves et les protégeaient de la vie, comme une musique de nuit brodée sur le coton de l'oreiller afin de se rassurer dans l'obscurité, qui apaisait les pleurs et consolait les blessures. On devrait tout le temps se laisser bercer d'évidences, même minuscules, qui adoucissent le quotidien et démêlent les nœuds dans le ventre. Des petites merveilles pleine de douceur, aussi réconfortantes qu'un chocolat chaud alors qu'il fait si froid dehors. Un bonheur sucré qui réchauffe les cœurs.
 
Il faut s'accorder un moment pour les petites évidences, les plaisirs simples, s'octroyer une parenthèse de bonheur ouatée, brumeuse, pendant laquelle on oublie les impératifs et la dureté de la vie. Parfois, je m'enveloppe dans un film très doux, je vais découvrir une mignonne petite boutique, j'achète quelque chose d'inutile mais d'indispensable, je grignote des cookies tout chaud et savoureux, je bois une tasse de thé aux parfums délicieux, je savoure une poignée de fraises ou de framboises gourmandes, je découpe des nuages en papier, je les colle sur les murs blancs immaculés de mon petit chez-moi, je noircis les pages d'un nouveau moleskine, je me love dans les doux mots d'un roman enivrant, j'applique un rouge à lèvres d'une très jolie couleur, je mets très fort de la musique qui fait frissonner . . . je fais le vide. 

Maintenant je souffle, je respire. Je ne pense surtout pas à hier et encore moins à demain.

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Vendredi 10 février 2012

Une évidence qui a des ailes

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Je crois que je pourrais passer des heures entières, la nuit, oui, surtout la nuit, les jambes repliées contre moi-même, à sonder son absence, ma solitude et les manques. Ce qui manque douloureusement à mes respirations, à ma vie. Parfois ce sont ses airs d'imprudence, de bonheur, ses yeux qui pétillent, la douceur de sa peau, ses sourires de môme. Parfois c'est l'aube. Les petits matins et les réveils douceurs, les éveils tendresses, mes cheveux emmêlés, l'odeur du café chaud et les rêves qui disparaissent dans les plis des draps. Je respire le coton de l'oreiller sur lequel il s'était endormi, mais j'ai beau l'enlacer fort, très fort, son parfum s'en est allé. 

S'il avait existé ailleurs, autrement, et si on ne s'était pas rencontrés. Je ne réalise pas comment j'aurais pu vivre sans sa douceur. Je n'en reviens toujours pas de lui, de ma vie qui a croisé la sienne. C'est une douce, si douce coïncidence. Une évidence qui a des ailes, grâce à laquelle j'ai pris mon envol. J'ai fini par me laisser aller entièrement et absolument à lui, sans réserve. Grisée par l'amour, j'ai savouré l'ivresse, la liberté, les murs ont été franchis et les limites repoussées. Je suis émerveillée de me rendre compte à quel point il a bouleversé ma vie. Il l'a fait respirer, il l'a envolée.
 
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C'est fou, je frissonne d'impatience et d'amour qui dévore, tout me brûle, tout s'enflamme, tout de moi le réclame. La fatigue me saisit, comme m'implorant de m'abandonner au sommeil, de cesser ce tumulte dans le corps et cette chamade dans le cœur. Je vais m'évanouir d'infinité de possibles, de songes, et bien que j'ai si peur que l'amour nous étouffe et nous effraie, je meurs d'envie de lui avouer que je l'aime encore, toujours. Cette évidence est ailée.
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Je doute des centaines de fois du tournant qu'a pris ma vie. Des questions s'accumulent. Des peut-être, des hypothèses, des dizaines de possibilités se dessinent. Je m'efforce d'avancer en réfléchissant le moins possible. J'ai papillonné un peu trop parfois, pour me rassurer, et j'ai toujours l'envie dévorante de prendre la poudre d'escampette pour une poignée de jours. Cette vie de presque adulte m'effraie et j'ai encore des peurs de petite fille. Il faudrait que j'apprenne à tourner certaines pages, à les déchirer, à jeter ces parts d'existence raturée. J'apprendrai à oublier tous les chagrins qui pèsent trop lourds, à ne plus les fuir. J'apprendrai à ne retenir que l'essentiel, ce qui compte vraiment, pour m'apprivoiser et être plus en harmonie. Je me délesterai du poids du passé pour être plus légère, plus sereine, mieux respirer.

J'ai la fatigue qui cogne au coeur. Jai envie de grandir, de me réinventer. De garder les yeux grands ouverts et de me laisser surprendre. D'y croire fort, très fort. J'ai dégusté un muffin au chocolat et un thé noir à la rose d'une douceur étonnante. J'ai mis un peu de rouge sur mes lèvres et des fards sur mes paupières, cela m'a fait rire. Je commence doucement à apprivoiser mes peurs. Samedi dernier, j'avais espéré la neige et lorsque les premiers flocons sont tombés, je me suis sentie chanceuse, presque privilégié. La chute de la première neige est toujours un instant magique, poétique. Un cocon d'une blancheur immaculée qui a déposé une multitude de paillettes dans mes yeux, un apaisement si doux qui émerveille silencieusement, qui calme les vertiges. J'étais bien. Simplement bien. 
 
Et je me suis souvenue des daiquiri fraise sous les étoiles du mois d'Août, quand on a trinqué à ma vingtième année, à l'avenir qui soudainement paraissait un peu moins brouillon. Durant ces crépuscules parfaits, ces soirées et ces somptueuses nuits au goût d'éternité, je suis plus lumineuse, je m'éclaire à la vie. Je crois qu'inconsciemment c'est pour tout ça que je vis. Pour ces moments qui pincent le cœur et rougissent les pommettes, pour ces instants qui me rendent si heureuse en l'espace de quelques secondes. Ces instants précieux, si précieux qui me font espérer, vivre et respirer.

Mardi 7 février 2012

Ces nuits-là

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J'ai peur du silence qui s'abat au creux de la nuit. Cette vague de silence qui submerge. C'est comme si je me retrouvais soudainement à l'abri du rien, au cœurs des tempêtes secrètes, intérieures et de mes fantômes qui hurlent dans l'obscurité. J'ai tellement pleuré que les larmes gondolent ma peau. Tristesse salée. Angoisse étouffante. Panique absolue qui m'affole et me broie les os. Chagrin nocturne qui ne desserre pas son étreinte autour de ma gorge.

Je voudrais apprivoiser la solitude. Celle qui creuse des vides en soi, des gouffres vertigineux. La solitude ressemble tant à l'hiver, sa venue soudaine surprend à chaque fois. Elle s'immisce doucement sans que je m'en rende compte, elle me fait sursauter, grelotter, et sa froideur me cingle le visage. Je me mets rapidement à trembler, je suis secouée de sanglots. La douleur me glace et cela craquelle à l'intérieur comme si chaque parcelle de mon corps se faisait et se défaisait. D'où ce froid provient-il ? De l'hiver, de la solitude, du manque ? De tout ça à la fois ? Je voudrais que ces nuits-là disparaissent de ma vie et ne reviennent jamais.
 
Le vide éclate, le manque explose. Je me débats contre les cauchemars qui essayent de me hanter. Je m'enfouis sous les couvertures, recroquevillée. Je m'agrippe à mes draps, mes poings demeurent crispés. Je suis peut-être trop faible, trop sensible, si fragile. Je suis couverte de bleus tant je me cogne à la douleur de son absence. J'ai parfois la sensation que son souvenir m'échappe et que son image se teint de brume. J'ai si peur de l'oublier. J'aurais tant voulu qu'il soit là, que je ne sois plus apeurée, terrifiée par la solitude qui m'absorbe et m'engloutit. Cette solitude me disloque, elle me brise si aisément, si facilement . . . Je voudrais que ces nuits-là disparaissent de ma vie et ne reviennent jamais, plus jamais.
 
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Samedi 4 février 2012

Blue valentine

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J'avais envie de vous parler d'un film que je viens de voirBlue valentine (2010), avec Ryan Gosling et Michelle Williams, de Derek Cianfrance. L'histoire de Blue valentine, je crois qu'elle ne nous est peut-être pas inconnue, qu'il est possible qu'on l'ait vécue à un moment donné de notre vie. C'est l'histoire intimiste, poignante, magnifiquement construite et admirablement interprétée de l'amour qui s'éteint, jusqu'à la séparation. A travers le portrait d'un couple à la dérive, chaque scène fait écho au passé, l'amour qui s'échappe se confronte avec subtilité à l'époque des débuts, où les deux personnages se sont rencontrés et aimés. 

Je pense qu'il m'aurait été impossible de ne pas être touchée par le sujet: ce qui fait et défait l'amour, l'envie de s'aimer jusqu'à la rupture, une histoire qui se finit comme toutes les autres histoires ainsi que l'impuissance que l'on ressent et parfois même, le renoncement, la résignation, face à l'évidence: se séparer. C'est bouleversant et déstabilisant. Le tout est sublimé par le jeu d'une intensité troublante des deux acteurs, au plus près de leurs rôles. Ils m'ont captivé, sensiblement hypnotisée. 

Tout au long du film, j'ai eu envie d'y croire. J'y croyais jusqu'aux dernières minutes et c'était déjà le (très beau) générique de fin qui m'a laissé une pointe de regret et d'amertume mais je dois bien le reconnaître, j'ai été comblée par les acteurs fascinants, éblouissants, et l'histoire déconcertante, poignante de vérité et de réalisme.

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