« Pour lutter contre les envies de fondre en larmes, il faut se raccrocher du mieux que l'on peut à de petites évidences.» J'avais écrit cette phrase dans le train, la première fois que j'ai pris la poudre d'escampette. La toute première fois que je m'improvisais hirondelle pour une poignée de jours. C'était il y a tout juste un an et à présent que la boucle des " un an " s'est refermée, je n'en reviens toujours pas des épreuves, des pleurs, des peines, des obstacles, de la rage, de la colère, de la tristesse, intense, immense, qui dévorent, qui ravagent; de ce gouffre dans lequel je me suis oubliée et de cette belle remontée. Non, je ne parviens toujours pas à réaliser à quel point j'ai vécu, combien je me sens vivante, si vivante.
Ces petites évidences qui m'ont aidée. Elles accompagnaient mes rêves et les protégeaient de la vie, comme une musique de nuit brodée sur le coton de l'oreiller afin de se rassurer dans l'obscurité, qui apaisait les pleurs et consolait les blessures. On devrait tout le temps se laisser bercer d'évidences, même minuscules, qui adoucissent le quotidien et démêlent les nœuds dans le ventre. Des petites merveilles pleine de douceur, aussi réconfortantes qu'un chocolat chaud alors qu'il fait si froid dehors. Un bonheur sucré qui réchauffe les cœurs.
Il faut s'accorder un moment pour les petites évidences, les plaisirs simples, s'octroyer une parenthèse de bonheur ouatée, brumeuse, pendant laquelle on oublie les impératifs et la dureté de la vie. Parfois, je m'enveloppe dans un film très doux, je vais découvrir une mignonne petite boutique, j'achète quelque chose d'inutile mais d'indispensable, je grignote des cookies tout chaud et savoureux, je bois une tasse de thé aux parfums délicieux, je savoure une poignée de fraises ou de framboises gourmandes, je découpe des nuages en papier, je les colle sur les murs blancs immaculés de mon petit chez-moi, je noircis les pages d'un nouveau moleskine, je me love dans les doux mots d'un roman enivrant, j'applique un rouge à lèvres d'une très jolie couleur, je mets très fort de la musique qui fait frissonner . . . je fais le vide.
Maintenant je souffle, je respire. Je ne pense surtout pas à hier et encore moins à demain.

Maintenant je souffle, je respire. Je ne pense surtout pas à hier et encore moins à demain.
















