L'hiver qui, le temps d'une nuit, s'était installé, la venue du froid qui paraissait trop rapide, trop brutale, les températures qui avaient dégringolé si vite . . . j'ai l'impression que cela fait un mois à peine. Les jours défilent à vive allure. J'ai été surprise par les journées qui s'allongent, par ce froid qui s'éloigne, cette douceur dans l'air. Dehors les passants semblent déjà se découvrir, je m'habille moins chaudement, je me sens plus légère. C'est comme si la vie était en train de sortir d'un long sommeil, mais elle ne se défait pas encore de ses rêves. Pas encore, pas tout à fait. Elle reprend lentement son cours, le fil de l'existence, elle s'éveille doucement, avec délicatesse.
 
Toute cette vie qui renaît et les premières promesses du printemps m'affolent le cœur. Une énergie nouvelle picote sous ma peau. J'aimerais prendre la poudre d'escampette, m'improviser hirondelle encore une fois. Partir sur la pointe des pieds, sans bruit, sans rien emporter avec moi, pour une poignée de jours ou même un instant minuscule. Je m'envolerais dans un courant d'air, je fermerais les paupières et me laisserais envahir par le doux sentiment de quiétude et d'apaisement que procurent toutes les échappées-belles improvisées. Je me laisserais alors submerger par ce doux vertige, cette ivresse immédiate de liberté, rassurante et réconfortante.

J'ai envie d'oublier le froid glacial de l'hiver, de me laisser glisser vers un ailleurs plus doux. J'ai envie de musique pétillante, de livres mœlleux, de petits déjeuners au soleil, de daiquiri aux fraises, de douces envolées, de ciel bleu, de me sentir exister, de me sentir vivre. De me sentir être. J'ai besoin de ces rêves pour respirer, de ces promesses d'hirondelle pour avancer, continuer d'avancer.
 
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Cela faisait un petit moment que je voulais vous parler d'une série qui m'est très chère: Six Feet Under. J'appréhendais un peu de faire un article sur elle, je ne savais pas réellement par quel bout commencer ni quoi écrire, si ce n'est que je la conseillerais très vivement. Le synopsis dévoile la vie quotidienne d'une famille au sein de leur entreprise funéraire. Créée par Alan Ball, le scénariste du troublant et fascinant American Beauty (l'un de mes films préférés), j'ai tout de suite été impatience de la découvrir. Je ne vais pas mentir, je n'ai pas été séduite dès le départ mais j'ai tout de même décidé de m'accrocher et, j'ai été parfaitement subjuguée.
 
Je trouve Six Feet Under très juste et toute en finesse. Si elle s'avère résolument anticonformiste, détonante, brisant ainsi plusieurs tabous, tout est toujours transmis avec subtilité et raffinement. Le scénario louvoie habilement entre les différentes facettes de l'existence, des plus douloureuses épreuves aux merveilleux, et si précieux, instants de bonheur. J'ai apprécié que la vie soit ainsi révélée, avec spontanéité et la plus grande sincérité qui soit. La série est à la fois pudique, délicate et percutante. Malgré le sujet, elle ne tombe jamais dans l'épanchement, dans l'exagération, elle est très fine et épurée. La vie apparaît très intense, c'est ce qui fait à mon sens la force de la série, dans ce qu'elle a de plus pur et de plus vrai.

J'ai été captivée par les acteurs fabuleux, éblouissants, la musique toujours bien choisie. L'intensité, la sensibilité qui se dégagent de la série m'ont émue, troublée, fascinée. Six Feet Under, malgré des airs qui paraissent un peu lugubres, insuffle une énergie positive et nous donne une très forte envie de vivre. Elle m'a touchée si justement, si profondément que j'en suis bouleverséeBouleversante est exactement le mot qui convient, il la définit parfaitement. 

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Vous l'aurez compris, c'est une série qui me tient sensiblement à cœur, ma préférée et je ne peux que vous la conseiller. Ces images proviennent de la saison finale et les deux ci-dessus, de l'ultime épisode qui clôt la série d'une magnifique, merveilleuse façon. J'en ai encore les larmes aux yeux.
 
Cela fait déjà une dizaine de mois que j'ai repointé le bout de mon nez dans la blogosphère. J'ai recommencé à écrire sur mon premier blog et puis un peu plus tard, le besoin d'un nouvel espace s'est fait ressentir. J'ai apprivoisé cet endroit, timidement, à petits pas. Mais très vite, je m'y suis attachée. Je me sens bien dans ce petit cocon dans lequel il est si naturel, si aisé, de dévoiler une part du conte de sa vie, d'apposer les mots sans pour autant vouloir me mettre à nu, parce-que j'ai souvent peur de trop en dire et qu'il est nécessaire que j'en garde un peu pour moi.

Je crois que je pourrais passer des heures, des journées entières à gribouiller des mots, des bouts d'histoires. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai fait le choix de la passion concernant mes études. Cela n'a pas été facile, il a fallu reprendre à zéro mais à présent, j'ai la douce conviction que je ne serai pas déçue. Les lettres sont enrichissantes et passionnantes. Je sais qu'elles vont me permettre de m'épanouir et j'ai hâte de progresser, d'y faire mes preuves. Ecrire a toujours été une parfaite évidence, l'instant qui n'appartient qu'à moi, qui échappe au temps, le plaisir délicieusement égoïste que j'aime m'accorder. Ecrire m'a permis de panser les blessures, d'oublier un peu le vide, la vacuité de l'existence, de me faire grandir, évoluer. C'est le fil conducteur de ma vie.

Ce blog me tient à cœur. C'est une parenthèse de douceurs qui m'apporte beaucoup au quotidien. Grâce à lui, je fais des rencontres incroyables, fabuleuses, parfois même des rencontres bouleversantes. L'une d'entre elles a particulièrement transformé, chamboulé ma vie. J'ai appris à la connaitre petit à petit, à travers son univers. Les premiers temps je suis restée silencieuse, en retrait, mais je crois que je l'ai tout de suite aimé. C'est une personne merveilleuse qui m'a aidée à me sentir moins fragile, à retrouver l'harmonie, le point d'équilibre, à soulager les peines, à combler les creux, les manques. C'est une amitié d'une infinie douceur qui est née. Une amitié qui n'en finit pas de grandir, de nous surprendre et de nous émerveiller.

Et vous, votre blog ?
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En fin d'après-midi, je crois que je devais encore avoir 
cet air amoureux et fatigué qui ne trompe personne, cet air de rêves des deux nuits passées avec lui. Aussi, presque imperceptible, on pouvait y remarquer une fêlure. J'étais assise dans le train et il y avait un jeune homme qui se tenait en face de moi. J'ai été charmée par sa tendre insolence, l'infinie douceur de ses traits et de ses yeux. À cet instant, j'aurais aimé tomber amoureuse de lui ou de quelqu'un d'autre, n'importe qui, pour que la peine me brûle un peu moins les yeux. J'aurais aimé oublier cette tristesse qui m'enserrait la gorge et m'étouffait. Cette tristesse qui va finir par me recouvrir entièrement.

Chaque fois, c'est la même chose qui se répète. C'est presque devenu un rituel. Dès que la porte se referme derrière lui, son absence est déchirante. Je me cogne brutalement à ce vide ressenti trop vite et qui me glace à l'intérieur. Je grelotte, je tremble de tout mon corps, j'ai froid de son absence. Je ne lutte pas contre l'envie de fondre en larmes. J'ai peur, si peur, que cette porte demeure fermée et qu'il ne revienne pas. Qu'il ne revienne jamais. L'avenir est une nuit obscure, je funambule sur des hypothèses et cela m'écorche les genoux. Je me suis sentie mourir la première fois qu'il s'en est allé, j'ai bien cru qu'il me quittait pour toujours. C'est une image encore trop vive, qui me couvre de bleus et me brise toujours.

Cette fêlure que l'on décèle dans mon regard, c'est la brûlure de la peine causée par son départ. La faille par laquelle s'engouffre le froid. L'avenir est une nuit obscure et j'ai besoin d'étoiles, d'un cocon de douceurs qui rassurerait. Une enveloppe soyeuse qui éloignerait définitivement les peurs qui me hantent et peut-être même que je parviendrais enfin à les apprivoiser, à adoucir leurs contours. Cela me terrifie tellement d'imaginer ressentir à nouveau la perte. J'ai toujours les yeux qui brûlent et je ne sais plus exactement si c'est de fatigue ou bien d'avoir trop pleuré

15 février 2012

Adoucir sa vie

Il n'est pas tout à fait 7h, j'ai le corps engourdi de sommeil. Je me suis levée en avance. La vie n'a pas encore repris. Elle ne s'est pas défait de ses rêves, elle s'éveille doucement, pas à pas, sans se presser. Quelques étoiles résistent à l'aube qui se profile et scintillent dans l'immensité nocturne. Je savoure les derniers instants de calme, de silence et d'obscurité de la nuit. J'y suis plus attentive, plus réceptive. J'ai la sensation d'en ressentir plus intensément les battements. Je beurre deux ou trois tartines, je bois une tasse de thé fumant pour me réchauffer, j'ai le goût du sucre dans la bouche et cela me réveille en douceur. Je me sens sereine et entière, je prends de respirer.

D'impatience, je frémis. L'aube est là. La matinée vient tout juste de commencer et la nuit se retire peu à peu, elle s'efface tendrement pour lui laisser sa place. On peut souffler avant que la vie ne reprenne son cours, on peut se permettre de croire un peu plus que d'habitude, d'y croire fort, très fort. L'aube est l'instant de tous les possibles, de toutes les promesses. Dans quelques minutes la nuit aura complètement disparu. Il est maintenant grand temps de faire vivre ses rêves, de leur permettre de grandir, de respirer, avant que l'obscurité ne les emporte et ne les engloutit. 

Je me suis souvent demandé quelles étaient les manières de rendre son quotidien un peu moins rude, d'adoucir sa vie. Celle qui me semble la plus juste, la plus essentielle, est de commencer par se donner le droit d'espérer, de rêver, de s'émerveiller. J'ai besoin de rêves pour respirer. J'ai besoin de leur chaleur rassurante, de les enlacer, de les serrer très fort et de les faire éclore. J'ai besoin des rêves et de leur lumière, qu'ils soient le fil conducteur de ma vie.

Je crois que c'est de cette manière-là que devraient commencer toutes les journées.
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